NAPALM DEATH
KORUM / TALES OF BLOOD

Paris (Le Nouveau Casino) - 14 novembre 2003

Source : ROCK HARD / Décembre 2003-Janvier 2004
Journaliste : Isabelle Le Maguet


Le Nouveau casino plein comme un œuf fait plaisir à voir. Cela fait en effet bien longtemps qu’un concert de death n’a pas attiré les foules et l’affluence plus que correcte de ce soir rassure un peu.

TALES OF BLOOD déclenche les hostilités avec son « headbanging old school death metal » (dixit le groupe lui-même). Les Parisiens balancent un set énergétique et les premiers rangs le lui rendent bien. Même si la musique du combo n’est pas d’une originalité hors pair, celle-ci est néanmoins efficace.

KORUM prend ensuite le relais et dévaste littéralement tout sur son passage. Très attendue, la formation parisienne délivre une prestation excellente, à l’image de son deuxième album, "No Dominion", sorti récemment. En matière de dextérité, les musiciens sont plus que calés, et leur death brutal alambiqué, aux influences thrash et hardcore, est délivré avec verve et aisance. Korum allie puissance et virtuosité et n’a de leçons à recevoir de personne. Olivier, le hurleur du combo, est impressionnant techniquement mais aussi en tant que frontman : la scène est son lieu de prédilection et le bougre y évolue comme un poisson dans l’eau.

NAPALM DEATH est une valeur sûre et l’un des rares groupes de death avec lequel on ne ressort jamais déçu (web : ça fait plaisir à entendre !). Les Anglais ne dérogent pas, ce soir, à la règle, et leur show est d’une intensité inégalable. Même l’absence impromptue de Jesse Pintado qui, d’après les dires de ses compères, avait besoin de repos, n’affaiblit pas l’efficacité et la vigueur de leur prestation. Les sympathiques rosbeefs sanglants sont contents d’être là, à l’instar de leurs fans, qui ne laissent jamais retomber cette vague incessante de slams, née dés les premières secondes de "Instinct Of Survival". Comme à leur habitude, les pères Embury et Greenway ont des attitudes scéniques totalement opposées : celui qui pourrait être le frangin de Benny Hill frappe sa basse avec violence tout en restant quasi immobile, alors que le grand chanteur saute et court partout tel un dément. Le Britannique n’a d’ailleurs pas sa langue dans sa poche et n’oublie pas de dédier un morceau à la Reine d’Angleterre, ou de faire quelques commentaires sur la guerre en présentant "Continuing War On Stupidity". Napalm Death ayant, ce soir, confirmé sa suprématie, nous avons hâte de nous faire à nouveau laminer les oreilles par les maîtres incontestés du death ultra bourrin et radical.


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