HELLSPAWN

INFOS GENERALES SUR CETTE COMPILE

TITRE : HELLSPAWN - EXTREME METAL MEETS EXTREME TECHNO

NATURE : Compile de groupes de Earache remixés par des DJ's

DATE DE SORTIE : 1998

LABEL : Earache / Mosh 199

GROUPE vs DJ / TITRE / ALBUM D'ORIGINE :
1.MORBID ANGEL vs THE BERZERKER : Day Of Suffering ("Blessed Are The Sick", Mosh 031)
2.NAPALM DEATH vs DELTA 9 : Breed To Breathe ("Inside The Torn Apart", Mosh 171)
3.DUB WAR vs PANACEA : Strike It ("Pain", Mosh 121)
4.ULTRAVIOLENCE vs HELLSAU : Strangled ("Killing God", Mosh 191)
5.BRUTAL TRUTH vs FREAK : Regression-Progression ("Extreme Conditions...", Mosh 069)
6.PULKAS vs SHITSPITTER : Control ("Greed", Mosh 190)
7.GODFLESH vs JUSTIN BROADRICK : Wake ("Songs Of Love And Hate In Dub", Mosh 178)
8.MISERY LOVES CO. vs PITCH SHIFTER : Kiss Your Boots ("Misery Loves Co.", Mosh 133)
9.MORBID ANGEL vs THE BERZERKER : Abominations ("Blessed Are The Sick", Mosh 031)

POCHETTE : Mark Craven

MORCEAU DE NAPALM DEATH : Remix d'une chanson figurant sur l'album "Inside The Torn Apart"

INFORMATIONS DIVERSES :
Hellspawn est la concrétisation de nombreuses années d'évolution au sein du label Earache : c'est la fusion ultime entre deux courants majeurs incarnés, d'une part, par les combos death/grind qui constituent la première vague du label et, de l'autre part, les formations électroniques qui sont l'apanage du label anglais depuis le milieu des années 90.
La démarche est très controversée : si on prend le point de vue du puriste de grind, c'est de la merde, c'est une hérésie totale de faire un truc comme ça et c'est la preuve définitive que Earache a tourné sa veste et se fourvoie dans une direction musicale foireuse. Pour le fan de techno, ça peut être intéressant... à vrai dire, il faudrait qu'il faudrait que j'en ai un sous la main pour lui demander ! Pour Dig Pearson & le staff de Earache, c'est tout simplement la musique du futur et elle est aussi extrême - voire plus - que la zique des Carcass, Napalm, Morbid Angel et consorts. Je vous laisse seul juge...

Quelque part, ce n'est pas si nouveau que ça, même pour les groupes les plus bourrins. Les connaisseurs se souviendront que certains d'entre eux avaient déjà flirté avec la techno / l'industriel : Napalm Death avait pondu une chanson bizarre pleine de samples sur le maxi "Suffer The Children" en 1990 (il s'agit du morceau "Harmony Corruption" ) et avait fait remixer un de ses morceaux par le groupe new yorkais Larceny sur le single "Nazi Punks Fuck Off" en 1993 (il s'agit de "Contemptuous"), tout comme Brutal Truth qui avait fait appel à ces mêmes Larceny sur leur EP "Perpetual Conversion" en 1993 (vous devriez jeter une oreille sur le résultat, c'est hilarant !). Toujours la même année, Morbid Angel avait sorti un EP de 4 ou 5 de se chansons remixées par le groupe allemand Laibach et Fear Factory avait fait de même avec le EP "Fear Is The Mindkiller", exclusivement remixé par Rhys Fulber (qui allait ensuite produire tous leurs albums) et avec l'album "Remanufacture" sorti en 1997 (cette fois-ci, les DJ's sont variés et le résultat moins unidimensionnel). Même Carcass s'était plié à l'exercice, mais dans le sens inverse cette fois : ils avaient remixé un morceau de Björk - oui, vous avez bien lu ! - qui apparaissait sur le single "Hyperballad" sorti en 1996 (il s'agit de "Isobel - The Carcass remix"). Enfin, on peut citer quelques projets parallèles à Napalm Death qui ont incorporé des boîtes à rythme et autres sons de machines dans leur musique : il y a Malformed Earthborn, Meathook Seed et bien entendu Scorn et Godflesh. Bref, les connexions entre les deux scènes ne manquent pas...

Pour la compile "Hellspawn", Earache a demandé à quelques DJ's de remixer une dizaine de morceaux des combos de son écurie. Le truc craignos, c'est qu'ils n'ont même pas pris la peine de contacter les musiciens des formations d'origine, ils l'ont fait sans leur accord ! Parmi les DJ's, on trouve deux groupes d'Earache : Pitch Shifter et The Berzerker, les technoïdes grindeux australiens - qui partageront quelques années plus tard une tournée américaine avec Napalm, Nile et Strapping Young Lad. A part Justin Broadrick - qui remodèle une chanson de sa propre progéniture - les autres DJ's sont des inconnus, du moins pour moi. Le résultat de toutes ces manipulations, c'est un monstre hybride, ni vraiment metal, ni vraiment techno. Le cul entre deux chaises... Donc, quelque part, c'est innovateur. Certains titres sont immédiatement identifiables car leur structure n'est pas bouleversée. C'est notamment le cas de  Napalm Death : le rythme est respecté, il est 'sautillant' pendant le couplet puis s'accélère pendant le refrain. C'est juste que ça fait bizarre d'entendre des sons aussi synthétiques sur une chanson des grindeux !

Sachez que Napalm Death a fait savoir, par un communiqué de presse publié dans le courant de l'année 98, qu'ils n'avaient rien à voir avec le remix de Delta 9 puisque, comme pour les autres groupes dont le nom apparaît sur cette compile, le label Earache ne leur avait pas demandé leur avis. Ils ont également déclaré qu'ils n'aimaient pas la chanson. Mitch est le seul membre du groupe à l'apprécier. Personnellement, je l'aime bien, je la trouve assez puissante. De toute façon, elle n'est pas très différente de la version originale... Le truc, c'est que le résultat aurait pu être bien meilleur si Earache avait impliqué le groupe dans la conception au lieu de le mettre devant le fait accompli. Même si Barney est totalement réfractaire à la techno, Mitch et Shane en sont fans et en font à l'occasion. Ils auraient sûrement pu rendre ce remix plus intéressant. De toute façon, comme Mitch le déclare : "Ce n'est pas bien grave, Napalm Death n'a rien à faire dans la scène techno".

En conclusion, je dirai que cette compile est sympa pour les curieux mais il n'y a pas de quoi en chier une pendule. J'apprécie la démarche qui consiste à briser les barrières musicales mais je ne peux pas dire que je raffole de ce genre de techno. Je préfère les trucs plus calmes, plus planants, comme le chillout, le dub ou la trance. Pour les trucs plus agressifs, je préfère le break beat, à l'instar de Aphex Twin - qui officie depuis 1985, c'est un pionnier dans le genre - car je trouve qu'il y a beaucoup plus de dynamique que dans la techno hardcore. Et le fait que Earache ait sorti ce produit sans demander la permission aux musiciens, c'est vraiment nul. Encore un coup foireux qui plombait la relation entre le label et Napalm Death, qui n'était déjà plus au beau fixe depuis longtemps. Dans la logique des choses, le groupe allait se barrer quelques mois après.

Invitation à la rave party

SEE YOU IN HELL !!!


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