SCREAMING WHIRLWIND
NOISE HOLOCAUST

Interview de Barney menée par Louis Bourgade, sortie dans le numéro de Metal Hammer de novembre 1990.

Nouveau maxi, nouvel album, nouvelle tournée ! Véritables marathoniens du circuit européen, les musiciens de Napalm Death assurent avec acharnement la promotion de leur nouveau produit. Il s'agit pour eux de porter haut les couleurs du death metal british face à la concurrence non-insulaire, et d'honorer par la même occasion leur position privilégiée de groupe phare d'un mouvement extrémiste, plébiscité par des fans de plus en plus nombreux.

Intercepté lors d'une date hollandaise, Mark " Barney " Greenway a accepté de décrocher son téléphone , et de délivrer ainsi quelques réflexions via le réseau hertzien. Juste avant de monter sur scène !


Napalm Death est actuellement en tournée. Tout se passe t-il selon vos désirs, et qu'en est-il de vos groupes de première partie ?
Ca marche très bien en effet. Nous sommes actuellement en Hollande et le public réagit très bien aux nouveaux titres de l'album. Nous n'avons eu aucun problème à ce niveau depuis le début de la tournée. Nos fans connaissent la plupart de nos compositions et nous écoutent depuis longtemps. En ce qui concerne les groupes de première partie, nous avons eu au moins seize noms différents. Loudblast a ouvert pour nous, c'est un groupe excellent, vraiment ! Atrocity a également été très bon, et je crois que nous allons jouer prochainement avec Prong.

Penses-tu que Napalm Death est considéré comme le groupe de death metal par excellence ?
Je suppose que oui. En fait, je ne sais pas trop... C'est en tout cas l'opinion des gens qui viennent nous voir. Le but du groupe est de délivrer un death metal puissant et barbare. Nous y travaillons activement...

Quelle est ton opinion au sujet de groupes comme Carcass et Bolt Thrower, tous deux issus du même mouvement ?
Il est vrai que ces deux groupes se sont fait connaître en même temps que nous et la tentation de copier le style de son voisin était forte au début. A présent, chaque groupe possède sa propre personnalité, et développe sa propre musique, chacun draine son pourcentage de fans.

Peut-on parler de compétition ?
Oh, non, pas du tout ! Nous entretenons d'excellents rapports et nous avons l'habitude d'échanger des tas d'idées, et même de travailler parfois ensemble. Nous n'essayons pas du tout d'empêcher ces groupes de progresser, et ils adoptent la même attitude envers nous.

Mark, as-tu l'intention de participer au prochain album de Benediction ?
Non, je ne chanterai pas sur le nouveau Benediction, car je suis trop occupé avec Napalm Death, et de plus, Benediction vient d'engager un nouveau chanteur du nom de Dave. Il m'a paru être très bon. Benediction souhaite continuer en tant que groupe uni avec ce nouveau membre. Je leur avais juste donné un coup de main pour l'album, au moment où leur chanteur initial était parti.

Il me semble que le nouvel album semble plus thrash qu'auparavant. Es-tu d'accord avec cette remarque ?
Non, pas tellement... Le fait est que nous avons insisté sur le côté production. Nous avons travaillé une bonne vingtaine de nuits là-dessus. Sinon, je pense que notre style n'a pas varié... Il est simplement mieux présenté. De même, nos textes et nos pochettes ont en général les mêmes lignes directrices quant aux thèmes abordés.

T'est-il jamais arrivé de recevoir des lettres de fans qui souhaitent que le groupe joue moins brutalement ?
(rires) Non, jamais ! Je reçois pas mal de courrier, c'est vrai, mais il s'agit de lettres d'encouragement à poursuivre dans la même veine, ou alors les kids écrivent pour nous dire qu'ils ont apprécié tel ou tel titre.

Es-tu satisfait de la promotion effectuée par Earache, le label du groupe ?
Tout à fait. Earache n'a pas grand-chose à voir avec une major, qui a plus ou moins tendance à tout diriger. Earache nous laisse beaucoup de libertés, et comme il s'agit d'un label indépendant aux moyens plus limités, nous n'avons pas l'impression d'être un numéro sur une liste. Earache s'occupe de ses groupes, et cette démarche nous est bénéfique.

Penses-tu que les textes du groupe contribuent à forger sa réputation ?
Les textes de Napalm Death sont la partie visible du groupe, au même titre que la musique. Les textes traitent d'horreur, d'un univers hostile et malsain. Je pense qu'ils correspondent à l'imagerie du groupe, et qu'au niveau promotionnel, ils ont plus de portée que n'importe quel papier publicitaire.

Quelle est ton opinion sur la vague actuelle du death metal ?
J'aime beaucoup cette nouvelle vague, et tous ces nouveaux groupe allemands font de très bonnes choses. Ils ont vraiment la rage, et leur musique est vraiment agressive. Je pense que les kids en ont assez de tous ces combos à tendance heavy-rock commercial. Ils veulent de l'énergie, et de la vitesse.

Selon toi, le death metal n'est pas près de mourir...
Oh, non ! Je pense même qu'il va prendre de l'ampleur. En ce qui nous concerne, nous n'avons aucunement l'intention de nous arrêter ni de tourner, ni d'enregistrer. On est là, et on y reste.

Connaîtrais-tu par hasard de bons groupes français ?
Bien sûr ! Nous connaissons très bien Treponem Pal et Loudblast, car nous avons joué ensemble. Je connais aussi Massacra, Agressor et Mutilated, qui sont de très bons groupes français à mon avis.

Quels sont les projets du groupe, pour terminer...
Nous allons finir cette tournée, et prendre ensuite un peu de repos. Nous commencerons ensuite l'écriture de nouveaux titres pour un futur album. Pour cela, nous nous enfermerons dans le studio et nous répèterons activement comme nous en avons l'habitude. Pour le moment, nous sommes en tournée, mais les choses sérieuses reprennent dans quinze jours !


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