INTERVIEW JESSE

Questions - Réponses avec Jesse Pintado, menée par Sheila 'o' Rene courant 1996


Sheila Rene': Bonjour du Texas. Quelle heure est-il en Allemagne?
Jesse Pintado: Il est environ 8 heures du soir. Il y a quatre groupes sur le billet ce soir donc j'ai le temps puisque nous passons en tête d'affiche.

SR : Je suppose qu'après tous les changements de formation, ce groupe va être "le" groupe qui aura imposé une bonne équipe. Embury écrit beaucoup et Barney également.
JP : Mitch, Shane et moi-même écrivons tout. Dans l'ensemble, c'est collectif et chaque membre contribue.

SR : Quelle est la chose la plus dure quand on est dans un groupe de rock ?
JP : Mitch, Shane, Danny et moi vivons ensembles. Même si on est pas en train de répéter, nous nous voyons tout le temps. Quand quelqu'un a une idée, que ce soit sur la couleur du logo ou le truc le plus débile sur la façon de sonner ou n'importe quoi d'autre, on est là pour en parler. Nous sortons ensembles et lorsque nous sommes à la maison, nous sommes toujours dans un studio, à écrire ou à enregistrer.

SR : Comment avez-vous été accroché par Colin Richardson ? C'est un des meilleurs producteurs que nous ayons sur la scène en ce moment.
JP : Il a fait "Utopia Banished" et a aussi mixé "Fear, Emptiness, Despair". C'est un fan de Napalm depuis longtemps.

SR : Quel est le processus d'écriture d'un air comme celui de "Cursed to crawl" ?
JP : On a d'abord commencé à expérimenter avec des sons graves puis Shane est arrivé avec un riff. Je pense que cette chanson, c'est juste qu'un riff que nous avons morcelé. C'est venu très rapidement.

SR : Y a t-il eu des premières prises ?
JP : Nous enregistrons tous séparément. On se concentre d'abord sur la batterie puis on pose les guitares, la basse et les vocaux en couches successives. Puis on rajoute quelques petites touches par ci par là.

SR : Beaucoup de gens entendent sur cet album des mélodies qui étaient absentes auparavant. Toutefois, je ne suis pas d'accord avec eux.
JP : Je ne pense pas qu'ils entendent des mélodies. Globalement, c'est du matériel étrange, discordant et surnaturel. Si certaines personnes prennent ça pour de la mélodie, c'est OK.

SR : Raconte nous un moment excitant dans le processus de composition.
JP : Pour moi, enregistrer, c'est dur et plutôt chiant. C'est très répétitif et ça prend du temps. J'aime jouer plus. Tu pars et tu joues, même s'il y a des erreurs. Néanmoins, c'est l'album que nous avons enregistré le plus rapidement. Il n'y a eu aucune anicroche. Cela a pris deux semaines et demi en tout. Tout était déjà écrit et on a répété pendant huit mois. On essaye de tout mettre à plat avant de véritablement se mettre à enregistrer.

SR : Le 3 mai, vous commencez une grosse tournée en Europe. Où sont vos fans les plus acharnés dans ce coin ?
JP : Nous sommes plus connus en Europe parce qu'on y a joué plus souvent. On va en Afrique du Sud, en Israël et dans certains endroits où personne ne tourne jamais et on obtient des réactions géniales. Nous étions en Russie en 91 et c'était fantastique. On a joué pour 7000 fans pendant deux soirs d'affilée.

SR : Ce soir, vous quittez l'Allemagne après neuf concerts.
JP : Ici, les fans sont plus fidèles. Aux Etats Unis, c'est suivant la mode du moment. Ici, ils ne t'oublient pas.

SR : Comment est arrivée la bande originale du film "Mortal Kombat" ? Cela va vous faire gagner plus de fans grâce aux groupes d'ages ciblés.
JP : Columbia Records a organisé cela. On en a entendu parler mais personne ne nous a rien dit pendant des mois et des mois. Puis le film a fait sa première et nous avons découvert que nous étions sur la bande originale. C'est assez accrocheur parce qu'ils ont utilisé notre musique dans la scène la plus violente, lorsqu'ils se battent.

SR : Quel est le plus gros changement sur "Diatribes" comparé au travail effectué sur "Fear, Emptiness, Despair" ?
JP : Cet album est un peu plus varié. On a toujours voulu avoir un son clair et je pense que la production de cet album se rapproche le plus de ce but. C'est génial d'avoir un son épais tout en étant capable de distinguer tous les instruments.

SR : Quels grands groupes écoutent tu aujourd'hui ?
JP : Je n'ai pas eu le temps d'écouter grand-chose.

SR : Est ce que l'aspect business de la musique a complètement changé pour Napalm Death ?
JP : Ca devient juste un peu plus sérieux. Tu dois faire attention à tous ceux qui veulent t'arnaquer. On garde un œil ouvert là-dessus. Tu dois t'impliquer. La branche américaine d'Earache a de la présence d'esprit, mais à Nottingham, Earache est fainéant sur certains trucs. Des détails n'arrivent pas à être correctement gérés.

SR : Combien de passages radios avez vous obtenu en Europe ?
JP : On a fait une session live à la BBC et elle a été diffusée. On obtient des passages radios mais je n'ai pas la chance de pouvoir les enregistrer.

SR : Quelles chansons préfères-tu jouer en concert ?
JP : J'aime celles qui sont lentes, "Self betrayal" et "Cold forgiveness".

SR : "Cold forgiveness" me montre une autre facette de votre groupe. Vous continuez d'évoluer.
JP : C'est pour ça que je les aime. Elles peuvent être jouées de différentes manières... extrêmement rapidement ou extrêmement lentement.

SR : De quelle manière veux tu que le gens pensent à Napalm Death ?
JP : Cette question est difficile. J'ai toujours pensé que nous étions vraiment extrêmes. Quand ils pensent nous avoir cerné, nous changeons légèrement de direction.

SR : Est ce que c'est une de tes tournées préférées ?
JP : Elles se sont toutes déroulées sans problème. On s'entend bien avec tous les groupes. On est sur la route avec Crowbar actuellement. Ils viennent de la Nouvelle Orléans.

SR : Essayez de mettre des écrevisses dans leur lit une de ces nuits.
JP : Nous partageons un bus avec eux mais tout le monde se retient plus ou moins. Je n'aime pas vraiment jouer des tours aux gens. On a tourné avec Sepultura et la dernière nuit de cette tournée, ils nous ont balancé du ketchup et de la moutarde de partout. Ils se jouent des tours les uns envers les autres, mais on n'est pas dans ce genre de trucs.

SR : A quoi ressemble la tournée aux USA, et à Austin en particulier ?
JP : Nous reviendrons jouer en tête d'affiche en juin. On y a déjà joué. C'était très bizarre parce que d'habitude, nous tournons en plein été, mais la dernière fois, on a presque gelé à en crever.

SR : Qu'est ce qui t'apporte le plus de joie dans ce groupe ?
JP : Le fait de tourner et de rencontrer les fans. Tu rencontre des gens qui veulent juste un autographe et puis il y a le fan qui est plus intéressé par le fait de parler de la musique en profondeur.

SR : Est ce que les fans veulent tout savoir ?
JP : Bien sûr, il y a ceux qui deviennent fouineurs. L'attention est bonne, mais parfois ils peuvent exagérer.

SR : Merci d'avoir appelé d'Allemagne. J'espère te revoir bientôt.
JP : Merci.


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