BRUJERIA


"Matando Güeros"

L'inconnu de 19H45 / HARD ROCK MAG / 1993 ou 1994

Brujeria, c'est un peu comme un croisement entre Mekong Delta et S.O.D. Du premier, il conserve le goût du secret, que nos fins limiers ont toutefois percé puisque Matando Güeros est en fait le fruit de la réunion occulte de Bill Gould (Faith No More), Dino Cazares et Raymond Herrera (Fear Factory), Shane Embury (Napalm Death), John Lepe et Pat Hoed (inconnus au bataillon). Du second, il retient l'aspect provocateur du groupe-gag. Vu sous cet angle, Brujeria fait bonne figure. Malheureusement, la réalité est loin d'être aussi idyllique, car si Mekong Delta est technique et S.O.D. hilarant, Brujeria n'est ni l'un ni l'autre et Matando Güeros n'est qu'un affreux prétexte à faire le plus de bruit possible. On peut notamment y chercher longtemps la moindre trace de mélodie. Histoire de créer l'événement et de masquer l'identité réelle de ses membres, Roadrunner a monté un bateau, en leur inventant de toute pièce des dangereux profils de criminels chicanos (les paroles sont en espagnol), et nous refait le coup des photos crados censurées (merci Carcass). Mais, compte tenu du prix des CD's et du nombre d'artistes méritant vraiment que l'on s'attarde sur eux, est-ce bien raisonnable ?


"Raza Odiada"

Benji / HARD FORCE / Septembre - Octobre 1995

Qui ne se souvient pas de "Matando Gueros", le premier album de Brujeria ? Pas spécialement du contenu d'ailleurs, mais surtout de l'emballage : sans hésitation, une des plus immondes de la création ! Depuis, on a appris que ce groupe gag, que l'on présentait comme une bande de meurtriers mexicains assoiffés de sang, se trouvait être en fait un délire auquel s'étaient joints Dino Cazares (Fear Factory) et Bill Gould (Faith No More). Pas d'infos précises concernant ce second méfait, toujours aussi brutal et crade avec son hardcore-punk clamé dans un espagnol peu châtié ; les références sont identiques au premier album : la révolution, la rébellion, les narcotrafiquants, des thèmes d'inspiration propres aux contrées sud-américaines. Concept franchement poilant, mais plutôt pauvre musicalement... le but du jeu n'étant certainement pas de faire preuve de talent ! "Raza Odiada" est à prendre au 100eme degré !


"Brujerizmo"

Nicolas Radiguet / HARD ROCK MAG / Décembre 2000

Il était un temps où Brujeria reposait sur un concept mystérieux, provocateur, avec un délicieux second degré. Même si personne n'a jamais été dupe sur l'identité de ces prétendus dangereux bandits mexicains, tout était fait dans l'esprit d'une certaine crédibilité. Avec cet album, on se demande où le groupe va : maintenant qu'il n'y a plus aucun doute sur la formation, il aurait été sage de se pencher un peu plus sur la musique. Car c'est là où le bât blesse : ce "death" ne va pas terroriser grand monde, en tout cas pas les fans du genre, et même les fans du gros Dino y trouveront à redire. Ses parties de guitare sont inconsistantes et nous amènent plus à penser qu'il s'agit d'auto plagiat, vire de fonds de poubelle, que d'un réel effort de composition : l'intro du deuxième morceau est une copie conforme du riff de "New Breed" et, d'une manière générale, une impression de déjà entendu domine. Il reste les vocaux et les paroles en espagnol pour se rattraper. C'est maigre.

Classement : 3 sur 6


Olivier Badin / Hard'n'Heavy / Janvier 2001

Les meilleures plaisanteries ne sont-elles pas les plus courtes ? Avec un autocollant bien en vue sur la pochette rappelant les rumeurs (pour l'heure non vérifiées) prêtant pour identité à ces guérilleros masqués celles de membres de Napalm Death, Faith No More ou Fear Factory, personne n'est dupe. Mais ce qui était drôle pour un album - le cocktail d'images gore, de gros grind / death bourrin et de paroles sataniques beuglées en espagnol - promettait de ne pas tenir la route plus de cinq minutes. Sauf qu'en bons clandestins qu'ils prétendent être, les anarcho-zappatistes de Brujeria ont appris l'art de se cacher pour attaquer par surprise. Et quitte à retomber dans le caniveau des rumeurs précitées, la présence de certains Dino et Raymond volés brièvement à un groupe californien à faire peur pourrait difficilement être niée à l'écoute de morceaux comme "Vayan Sin Miedo" nettement plus carrés que par le passé. Surtout que cette mise en place musicale n'a en rien minimisé un discours toujours aussi... terroristes. Vivons heureux, vivons cachés ?

Classement : 3 étoiles sur 5


Frédéric Pichot / METALLIAN / Janvier-Février-Mars 2001

Les terroristes du métal ressortent une nouvelle fois de la forêt pour tendre des guet-apens à tour de bras. Sous les foulards qui dissimulent leur visage, on peut encore retrouver des noms plus prestigieux que de simples musiciens cachés dans la pénombre d'un camp retranché d'Amérique Centrale. Billy Gould, Dino Cazares, Raymond Herrera et Nick Barker sont au rendez-vous de l'appel de leur chef de file : Juan Brujo. "Brujerizmo" décape aussi sévère que ses prédécesseurs... et c'est déjà pas si mal ! Les aficionados du 'Brujeria metal' seront aux anges de l'explosion sonore provoquée par ces adeptes de la débauche, du sadisme et de l' "extreme way of life" ! En un mot (car je ne tiens pas franchement à retrouver ma tête décapitée sur la prochaine pochette de Brujeria), "Brujerizmo" est du Brujeria 100%, comme le précédent... et comme le futur !

Classement : 4 bombes sur 6 (vaut le détour)


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