RIGHTEOUS PIGS


"Live And Learn"

Journaliste inconnue / Site Internet SONIC DEATH

Que faire quand on est fan de metal et qu'on habite à Las Vegas, la capitale mondiale de la soupe musicale ? On se démerde comme on peut, comme l'a fait Righteous Pigs. "Live and Learn" est un album de bourrin avec un son horrible, le niveau du batteur est minable, le chant n'est ni dans le ton ni dans le tempo et la guitare et la basse sortent des riffs étranges de temps en temps. La production est à chier, le mixage raté et les paroles sont misogynes. Et à certains moments, on a même l'impression que le groupe se casse la gueule. Alors pourquoi cela est-il si attirant ?

Je suppose que c'est à cause de la violence incontrôlée qu'il recèle - brutale, rustre, qui vous pète à la gueule et qui se situe carrément dans la confrontation. Joe Caper, le vocaliste, ne sait pas chanter. Il en est conscient. Mais son style donne l'impression que si on lui faisait remarquer ce point, il nous enverrai un direct dans la tête. Le jeu de batterie de Scott Leonard donne l'impression qu'il faisait partie du groupe parce que c'était le seul batteur que les autres connaissaient. Jetez des boîtes de conserve et des roulements à billes dans un robot de cuisine et faites varier la vitesse de temps à autre et vous obtiendrez quelque chose de similaire à l'effet que produit sa batterie.

Néanmoins, le groupe est parfois efficace. "Misconduct" sonne comme si M.O.D. se mettait à jouer du grindcore, les quatre membres du groupe réussissant à jouer ensemble deux minutes durant. D'autres titres, comme "Hidden Zit", "Celibate Tease" ou le délicieux  "I Hope You Die In A Hotel Fire" pourraient être des classiques de Extreme Noise Terror.

Sur la pochette, le groupe se plaint d'avoir du réenregistrer l'album après le premier mixage, car celui-ci avait merdé. Pour être honnête, je ne sais pas si le résultat aurait pu être pire que ça, ou même meilleur. Le charme de cet album, c'est sa spontanéité, son côté amateur et immature. Les blast beats sont dingues. Les paroles sont vicieuses. Tout ce joli bordel finit tellement vite qu'on se sent contraint de le remettre une deuxième fois. Oh, on peut ajouter que le guitariste, Mitch Harris, est allé jouer ensuite dans Napalm Death.


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